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La question
du vote suisse à l'encontre des minarets
Discussion à
bâtons rompus avec le Dr Marouane Bouloudhnine, Président de Mosaïc,
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Que pensez-vous de l'interdiction
des minarets en Suisse ? Comment l'interprétez-vous ?
Il faut d'abord préciser qu'il s'agit d'une procédure
particulière à un pays souverain, dont la richesse
s'est grandement accommodée de l'origine douteuse de fonds
venus de l'étranger...
Il semble ne pas s'agir uniquement d'une question d'urbanisme,
mais bien de discrimination basée sur l'appartenance religieuse.
Le sujet nous amène à
réfléchir sur les causes de la stigmatisation des
musulmans en Suisse. |
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Photo: ©Ph.S.Msadek |
L'opinion des Suisses doit être entendue, analysée,
et quelques conséquences doivent en être tirées
même si, encore une fois, je suis en désaccord avec
elle. Les autorités de toutes religions, mais aussi les
pouvoirs publics et les journalistes ont ils failli dans ce pays
à leur mission de dialogue, de lutte contre les préjugés
et de construction d'un " mieux vivre ensemble "?L'incompréhension
qui découle presque toujours de l'ignorance a toujours
été à l'origine de certains maux de l'histoire.Nous
ne sommes pas ici dans le choc des civilisations, mais plutôt
dans le choc des ignorances.
Ceci nous conforte dans notre idée
qu'il faut cesser de rester silencieux et au contraire communiquer
sur qui sont les citoyens de sensibilité musulmane, comme
MOSAÏC s'attache à le faire.
Pour être honnête, la Suisse devrait demander aux
ressortissants de seconde zone, que semblent représenter
les musulmans à ses yeux, de retirer tous leurs avoirs
des banques suisses.
Cela étant dit, l'interdiction n'empêche pas la
construction des mosquées. Rappelons d'ailleurs que le
minaret n'est pas non plus un élément indispensable
à une mosquée.
Après ce vote, quelles
réactions avez vous noté au sein des musulmans
?
De la peine, de la consternation, de l'incompréhension
et un sentiment blessant de rejet, en même temps qu'une
formidable envie de se faire connaître pour ce qu'ils sont
vraiment, c'est-à-dire des forces vives de notre société.
Certains ont l'impression que l'on veut bien d'eux à condition
qu'ils se renient, et cela est humainement inacceptable. Un fragment
important de la réalité et de l'histoire se voit
totalement ignoré par certains, c'est que les musulmans
font partie de l'Europe !
Si une minorité présente un comportement peu compatible
avec la vie en société, il est regrettable que
l'écrasante majorité des musulmans aient à
en pâtir.
C'est comme si l'on rejetait les horreurs de la guerre fratricide
à Belfast sur tous les chrétiens !
Pour Mosaïc, il est essentiel de parler " vivre ensemble
" plutôt que conflit.
Le sujet semble s'exporter en France, en plein débat
sur l'identité nationale. Quelle signification cela peut-il
prendre ?
Le débat sur l'Identité Nationale concerne aussi
la composante musulmane de France. Les choses ne se feront plus
sans la participation de ces 6 millions de citoyens.
En France, il n'y a pas les musulmans d'un côté
et les autres de l'autre; il y n'a qu'une seule communauté,
celle des Français. C'est ainsi que le pose l'article
1 de notre constitution.
Il y aura toujours des esprits mesquins pour rebondir sur la
moindre " affaire ", mais ils ne tromperont plus les
gens sincères et épris de sentiments républicains.
Et puis, c'est la construction de minarets en Suisse qui est
interdite, pas la construction de mosquées en France ni
l'exercice du culte musulman.
La Fédération laïque
des citoyens de sensibilité musulmane entend-elle prendre
des initiatives concrètes dans ce débat?
Les questions de culte proprement dit, comme la construction
des mosquées, relèvent du Conseil Français
du Culte Musulman, organe institutionnel respectable, complémentaire
du rôle non religieux et culturel qui est le cadre de Mosaïc.
La seule initiative concrète
est de travailler sans relâche à la construction
de notre avenir commun, dans un pays que nous aimons tous et
qui est le nôtre, que l'on y soit depuis quelques années
ou depuis 50 générations. Ce qui nous rapproche
est plus important que ce qui nous divise, et MOSAÏC s'attachera
à le faire comprendre grâce à des actions
de dialogue interculturel notamment. A ce sujet, je vous invite
d'ailleurs à lire ce qui a été dit lors
du
grand colloque national Mosaïc du 31 octobre dernier.
A quelques mois d'échéances
régionales, ce débat peut-il avoir une portée
sur les résultats, et notamment ceux du Front National
?
Le minaret est un problème suisse et pas un problème
français.
La Fédération MOSAÏC
est apolitique et ne souhaite en aucun cas prendre part aux joutes
électorales. Concernant la probable récupération
politique, nous connaissons les recettes pernicieuses qui ont
marché par le passé, et notamment avant la seconde
guerre mondiale... Faisons en sorte qu'elles ne marchent plus.
C'est dans l'adversité que
l'on reconnait les valeurs d'un grand Pays comme le nôtre.
Pour construire le Mieux Vivre Ensemble, qui est notre but à
tous, Mosaïc pense que le débat devrait plutôt
s'orienter vers le socle démocratique de notre pays, sa
devise de liberté, égalité, et fraternité,
et non la stigmatisation de certaines religions.
Contacter le bureau du Président
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sur le site de la Fédération MOSAÏC |
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"Nous
ne sommes pas ici dans le choc des civilisations, mais plutôt
dans le choc des ignorances"
"Il faut
cesser de rester silencieux et au contraire communiquer sur qui
sont les citoyens de sensibilité musulmane"
"C'est
dans l'adversité que l'on reconnait les valeurs d'un grand
Pays comme le nôtre."
"Pour construire
le Mieux Vivre Ensemble, notre but à tous, Mosaïc
pense que le débat devrait plutôt s'orienter vers
le socle démocratique de notre pays, sa devise de liberté,
égalité, et fraternité, et non la stigmatisation
de certaines religions."
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